¿Porque renuncio?

Un artículo maravilloso y que me confirma que es hora de despertar!

Visión global y acciones locales- Te deseo, por supuesto, que puedas encontrar el espacio donde los espacios que te permiten expresar lo que tienes en las tripas y me parece fantástico que publices tu experiencia, que la compartas.

Hace ya 30 años que vivo en Argentina y trato de entender todas estas tonterías – hace unos años estaba en Canarias preocupado por los refugiados. Una noche vi un vídeo de la televisión francesa donde una trabajadora social guardaba toda su sangre fría para anunciar a una familia siria, a pesar de estar instalada desde hace un año en Francia y que hablaban francés e iban a la escuela como todo el mundo, que iban a ser deportados. La mujer tuvo un ataque… me dio asco y me hizo pensar mucho también – ¿cómo podemos aceptar eso? El propio periodista no tenía ninguna opinión sobre la situación – el programa terminaba en cola de pescado!

Texto y contexto – En este mundo, creo que hay que «desdoblarse», de la misma manera que tenemos un cerebro pragmático y un cerebro creativo, sensible… Es hora de que conozcamos nuestro contexto, de que tengamos una crítica aguda del ser humano por una parte y de que, por otra, estemos implicados en experiencias colectivas, de tamaño reducido, donde podamos poner en práctica y descubrir otra forma de vivir, otra relación con el entorno y, sobre todo, otro debate.

Aprovecho para dar un paso más: Esta dificultad que has encontrado en las instituciones, también podemos encontrarla en nuestro entorno más cercano, familia, amigos, grupos de militantes, movimiento indígena ecológico… He tardado mucho en comprenderlo, pero vivimos en una sociedad individualista donde cada uno hace a su manera, reclama esta libertad sin considerar los efectos colaterales, la fragmentación de los espacios, los conflictos larvados, las críticas… (que se encuentra en los comentarios de Mediapart en algunos artículos es insoportable).
Tengo 63 años y desde hace algunos años es uno de sus seguidores de la transición Agrícola y también de estas personas que recorren el globo. De mi último viaje a Ecuador y Colombia conservo una cierta amargura que en este momento se transforma en desafío: La mayoría de los espacios que he conocido, neocampesinos, hostales turísticos, viajeros mochileros, comunidades indígenas y comunidades hippies (No es lo mismo, por supuesto)… Repetían el mismo mecanismo: Era el individualismo que primaba sobre todo, sobre los intereses colectivos, sobre la palabra del otro etc… Ese es el punto de partida del machismo, del racismo, de la dominación colonialista, del dominio de las instituciones, de los profesionales, etc. Ahora entiendo la expresión «agente de cambio» – personas con valores como usted son indispensables para la salud de grupos y proyectos

 
Un article merveilleux et qui me confirme qu’il est le temps de nous réveiller!

Vision globale et actions locales- Je te souhaite bien sûr que tu puisses trouver l’espace où les espaces qui te permet d’exprimer ce que tu as dans les tripes et je trouve fantastique que tu publies ton expérience, que tu la partages.

Cela fait déjà 30 ans que je vis en Argentine et essaie de comprendre tous ces non-sens – il y a quelques années j’étais aux Canaries et m’inquiétais pour les réfugiés. Un soir je voyais une vidéo de la télévision française où une assistante sociale gardait tout son sang froid pour annoncer à une famille syrienne, pourtant déjà installée depuis un an en France et qui parlaient tous français et allaient à l’école comme tout un chacun, qu’ils allaient être expulsés. La femme a fait une crise… Ça m’a écœurer et ça m’a fait beaucoup penser aussi – comment peut-on accepter ça? Le journaliste n’avait lui-même aucune opinion sur la situation – le programme terminait en queue de poisson?!

Texte et contexte – Dans ce monde, je crois qu’il faut se «dédoubler», de la même manière que nous avons un cerveau pragmatique et un cerveau créatif, sensible… Il est temps que nous connaissions notre contexte, que nous ayons une critique aiguë de l’humain d’une part et que de l’autre que nous soyons impliqué dans des expériences collectives, de taille réduite où nous puissions mettre en pratique et découvrir une autre manière de vivre, une autre relation avec l’entourage et surtout un autre débat.

j’en profite pour faire un pas de plus: Cette difficulté que tu as rencontré dans les institutions, nous pouvons aussi la trouver dans notre entourage le plus proche, famille, amis, groupes de militants, mouvement indigènes écologiques… J’ai mis beaucoup de temps à le comprendre, mais nous vivons dans une société individualiste où chacun fait à sa manière, réclame cette liberté sans considérer les effets collatéraux, la fragmentation des espaces, les conflits larvés, les critiques… (que l’on retrouve dans les commentaires de Mediapart dans certains articles c’est insupportable!).
j’ai 63 ans et depuis quelques années fait partie de ses adeptes de la transition Agricole et aussi de ces personnes qui parcourent le globe. De mon dernier voyage en Équateur et Colombie je garde une certaine amertume qui en ce moment se transforme en défi: La majorité des espaces que j’ai connu, néo-paysans, auberges touristiques, voyageurs sac au dos, communautés indigènes et communautés hippies (ce n’est pas la même chose bien sûr)… Répétaient le même mécanisme: C’était l’individualisme qui passait avant tout, avant les intérêts collectifs, avant la parole de l’autre etc… C’est bien là le point de départ du machisme, du racisme, de la domination colonialiste, domination des institutions, des professionnels etc. Je comprends maintenant l’expression «agente de cambio» – des personnes dotées de belles valeurs comme vous sont indispensables pour la santé des groupes et des projets.

Alors bonne chance et merci un très grand merci!
Maitei

 
Pourquoi je démissionne

 

Elle a choisi d’être assistante sociale parce qu’elle aime l’être humain, sa complexité et son potentiel. Elle a pris l’habitude de jouer avec les lois, de se lancer des challenges et d’innover. Mais, face aux institutions de plus en plus protocolisées qui manient le management par l’intimidation, l’accompagnement par la procrastination, le soutien par le silence, elle a décidé de partir.

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TERRAIN – Journal de bord –

Par S. K., assistante sociale.

Le confinement de la plus grande pandémie mondiale, le début d’une prise de conscience.
Quand c’est la prise de décision qui est jugée et non la décision elle-même
Quand le retour au travail est synonyme d’angoisse et de colère, il faut prendre une décision, la fuite ou le changement. Je prends la décision du changement, de l’abandon mais pas du regret.

Adieu,

Vendredi, dernier jour. Je suis assistante sociale pour la dernière fois, vous ne devez pas nous connaître parce que vous ne savez pas ce qu’on fait dans vos services.

Pour vous, je fais des dossiers Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), je mets en place des mutuelles et je « gère » les problèmes de logement, je cherche des solutions pour que les patients achètent des caravanes. Pourtant, ça représente 10% de mes compétences. Parce que je suis capable de faire des choses que vous ne pourriez même pas imaginer. Par exemple …

J’ai accompagné un paraplégique de naissance à faire de la moto ; j’ai accompagné une jeune infirme motrice à faire de la plongée ; j’ai accompagné un jeune cérébrolésé à participer à un match de son équipe de foot avec 0 € de budget ; j’ai accompagné une personne atteinte de la maladie de Charcot à déménager de Lyon à Hendaye ; j’ai récolté 1400€ pour financer un voyage au Japon pour une jeune ataxique ; j’ai animé un groupe de parole pour jeunes en situation de handicap autour de leur sexualité ; j’ai écrit le projet de l’école de la vie autonome ; j’ai permis à une personne complètement dépendante d’aller en Laponie ; j’ai soutenu l’écriture d’un livre ; j’ai créé un répertoire et un guide des établissements médico-sociaux ; j’ai animé un Comité de Promotion de la Bientraitance et soutenu des cuisiniers à obtenir une formation aux repas mixés ; j’ai organisé un échange d’équipe inter établissement pour mieux comprendre la Chorée de Hungtinton ; j’ai animé un atelier cuisine ; j’ai participé à la création du jeu de Lois ; j’ai accompagné une femme non voyante à avoir un enfant ; j’ai soutenu un homme ataxique contre un grand groupe de prévoyance devant les tribunaux ; j’ai permis l’attribution de la PCH Aide Humaine au titre du Répit ; j’ai animé un groupe de travail et soutenu la création d’une association pour 6 jeunes en situation de handicap autour de la communication ; je suis sortie en discothèque avec des jeunes adultes en situation de handicap ; j’ai soutenu un projet intergénérationnel avec des jeunes filles en situation de déficience intellectuelle, un EHPAD et une école de travailleurs sociaux ; j’ai permis à un atelier IMPRO d’apprentissage cuisine de préparer et de servir le buffet de Noël de la Mairie ; j’ai assisté au décès d’un bénéficiaire ; d’ailleurs, j’ai aidé à la rédaction de 60 directives anticipées ; j’ai organisé un mariage dans un foyer ; j’ai placé deux enfants en famille d’accueil ; j’ai travaillé jusqu’à 22h, jusqu’à l’arrivée de la police ; j’ai évité l’expulsion de deux familles ; j’ai soutenu et obtenu des titres de séjour ;

Mais hier mon quotidien, c’était 5 patients, 30 mails, un dossier MDPH ; trois appels ; un passage aux toilettes et 3 cafés ; j’ai fait un Diplôme inter université Répit ; je forme des professionnels ; je corrige des examens ; …

“La CAF a suspendu le versement de vos droits pour les raisons suivantes : “Dossier suspendu.”
“La CPAM a suspendu votre majoration tierce personne car vous n’avez pas répondu à notre courrier.”
“La MDPH a statué sur une diminution de vos heures d’aide humaine.”
“Nous ne pouvons répondre favorablement à votre demande d’admission, la perspective d’une entrée est supérieure à 10 ans.”
“Nous ne pouvons pas vous communiquer l’information, nous devons avoir l’accord de M. Tuutt (aphasique)”

Et si vous prenez deux secondes pour regarder votre collègue, vous ne voyez que 10% de ce qu’il est. Laissez-lui l’opportunité de se déployer. Laissez-lui un espace pour faire preuve de créativité, pour donner son avis, pour penser, pour réfléchir, pour prendre du recul.

Si on laissait à chaque salarié l’opportunité de se saisir de l’enjeu institutionnel et si le projet de l’établissement qu’elle qu’il soit, faisait l’objet d’un travail avec TOUS, le virage ambulatoire serait pris depuis 1985. Il faut revoir le social en mode Agile. Comment peut-on comprendre les enjeux alors qu’ils ne sont pas expliqués ?

Il faut innover. Et l’innovation n’est jamais née de l’intelligence d’une seule personne, elle naît du partage, des échanges et surtout elle est l’affaire de TOUS !

Et si on permettait aux concernés, la personne handicapée mais aussi le salarié, l’infirmier, l’ASH, le moniteur éducateur, de faire partie de l’aventure et pas seulement de la subir, quels seraient les risques ?

Mais arrête de rêver. Ce monde n’existe pas. Aujourd’hui, il y a deux catégories, les savants et les faisants.

Les savants du 21e siècle n’ont pas découvert l’électricité, mais dans la signature de leur mail et au bout de leur fiche de paie, on trouve la légitimité qu’ils se sont auto-attribués à mieux connaître cet immense terrain de jeux que les autres.

Les faisants, ce sont ceux qui se taisent et qui jouent malgré que les jeux ne soient pas appropriés, dangereux, inaccessibles. Comme sur une plaine de jeux pour enfants, il y a le Maire et les ingénieurs qui ont élaboré cet espace et les enfants qui jouent, se brûlent les genoux, tombent mais il n’y a pas de morts, en tout cas pas assez, pour qu’on se dise qu’on devrait réfléchir à améliorer encore ces espaces pour assurer le bien-être et la sécurité des enfants.

On a demandé le changement d’intervenant pour l’analyse de la pratique professionnelle, ce temps précieux pour une prise de recul, ce temps de liberté. Et finalement, il a juste disparu, sans explication. Envolé le temps de liberté.

Pas de formations, pas d’APP, pas de fédération pour créer une cohésion, une vraie équipe de travailleurs sociaux, … Parlons-en, de FEDERER. C’est difficile de fédérer mais le football y arrive pourtant, dans un pays divisé en trois peuples comme la Belgique. Vous trouvez ça impossible de fédérer une équipe pluridisciplinaire de 10 individus autour d’un bon sens commun ? OUI ! Parce qu’il n’y a pas de bon sens et pas de commun, dans cette “équipe”. Parenthèse terminée. Pas d’assistants sociaux dans les espaces collectifs thérapeutiques, pas d’assistants sociaux dans les groupes de travail, pas de clinique en travail social, et pourtant…

“ Elle est probablement là, dans son bureau, derrière son ordinateur, au téléphone, avec pleins de papiers partout, mais vu qu’on ne sait pas qui elle est, on ne va pas l’inviter.”

Le monde du social et du sanitaire, c’est une entreprise lucrative dictatoriale sous couvert de la charité et du soutien aux pauvres. Ne sont-ils après tout pas sous le chef de nos ministres qui montrent un exemple remarquable d’honnêteté et de transparence ? Divisez pour mieux régner. Le management par l’intimidation. L’accompagnement par la procrastination. La présence et le soutien par le silence.

J’ai regardé Hors Norme et j’ai pleuré, beaucoup. C’est tellement pour ça que j’ai choisi ce métier, pour sortir du cadre, innover, faire, agir, être là. Mais dans le fonctionnement de la société, dans nos institutions protocolisées à l’extrême, le sens n’est plus qu’une question d’absence et de handicap. Le métier d’assistante sociale, je l’ai choisi parce que j’aime les gens, j’aime l’être humain, sa complexité, son potentiel. J’aime jouer avec les lois, j’aime les challenges et j’aime l’innovation. Ce n’est pas un salaire qui sera au mieux de 1700 € net, pas un beau bureau qui mettra un bout de bois entre eux et nous, pas une chaise ergonomique qui me permettra de passer 8h derrière un PC, ce n’est rien de tout ça qui m’animent mais la réussite des projets personnalisés et chaque petite victoire du quotidien. Enfin, c’est ce qui m’a animé jusqu’à ce qu’une grosse tempête vienne éteindre toutes ces flammes.

Je souhaite à tous ceux qui n’ont pas les moyens de faire leurs courses sans regarder le prix au kilo, à tous ceux qui passent au zéro déchet pour des raisons économiques avant écologiques, à tous ceux qui ont déjà versé une larme au travail, à tous ceux qui viennent la boule au ventre, à tous ceux qui ont peur de leur entretien annuel, à tous les absents des protocoles, aux ASH, aux cuisiniers, aux auxiliaires de vie, aux infirmiers, aux travailleurs sociaux, aux secrétaires et aux assistants, je vous souhaite à tous bon courage et surtout bonne chance.

Alors adieu,
Adieu à ce merveilleux métier incompris, malmené et maltraité.

Vous pouvez retrouver ce témoignages et bien d’autres sur notre site : www.lien-social.com

 

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